INFECTION NOSOCOMIALE SUITE A UNE FRACTURE DU COL FÉMORAL TRAITÉE PAR OSTÉOSYNTHÈSE

 

Une patiente est opérée le 15 novembre 2005 dans un centre hospitalier d’une fracture du col du fémur par ostéosynthèse avec pose de vis plate est sortie de l’hôpital le 25 novembre 2005.

infection nosocomiale

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Un hématome au niveau de la cicatrice opératoire est évacué lors d’un deuxième séjour effectué dans ce même hôpital du 1er au 2 décembre 2005.

L’analyse bactériologique de la collection hématique a alors met en évidence une infection à staphylocoque aureus méti-sensible, qui a nécessité un premier traitement antibiotique.

Le prélèvement bactériologique de contrôle réalisé le 12 décembre 2005 ne retrouve pas de germe.

Lors d’une consultation du 10 janvier 2006 l’ablation précoce du matériel d’ostéosynthèse est décidée, afin d’éviter toute infection sous-jacente.

L’ablation du matériel est réalisée le 12 janvier 2006.

Le prélèvement bactériologique réalisé à cette occasion met en évidence la présence un staphylocoque doré Méthicilline sensible, Escherichia coli , streptocoque de groupe D, justifiant une deuxième antibiothérapie.

La patiente est suivie pour une pseudarthrose septique du col fémoral droit.

Une IRM prescrite en juin 2006 pour apprécier la vitalité de la tête fémorale met en évidence « une suspicion de la persistance de l’infection par une réaction inflammatoire autour du foyer fracturaire ».

L’examen bactériologique d’une ponction de la hanche réalisée le 17 juillet 2006 met en évidence la présence d’un staphylocoque epidermidis nécessitant la mise en place d’une troisième antibiothérapie.

Un bilan réalisé le 23 octobre 2006 confirme la guérison clinico-biologique de l’infection. Une aggravation du déplacement de la fracture a toutefois justifié une arthroplastie réalisée en mai 2007 dans un autre établissement hospitalier.

Une expertise médicale est ordonnée par le tribunal administratif d’Amiens.

Le rapport d’expertise du 25 novembre 2008 retient deux infections nosocomiales, l’une lors de l’intervention du 15 novembre 2005 ou de l’évacuation de l’hématome secondaire à cette intervention, et l’autre lors de l’ablation du matériel le 12 janvier 2006

  Par jugement du 19 avril 2012, le tribunal administratif d’Amiens considère que le centre hospitalier doit être regardé comme responsable des dommages résultant des infections nosocomiales contractées, jugement confirmé par la Cour administrative de Douai.

 

CAA Douai, 30 mai 2013, no 12DA00719