Handicap urinaire d’origine neurologique
Le handicap urinaire d’origine neurologique est variable en fonction de la pathologie en cause et du degré d’atteinte neurologique.
Sa prise en charge est complexe et nécessite une expertise médicale multidisciplinaire, au mieux dans une unité spécialisée en neuro-urologie. Elle doit tenir compte des symptômes, des possibilités fonctionnelles du patient et maîtriser le risque de complications secondaires, notamment dans la population des blessés médullaires
Les fonctions vésico-sphinctériennes et génito-sexuelles sont sous forte dépendance du système nerveux, c’est pourquoi les troubles urinaires ou sexuels sont très souvent présents au cours des maladies neurologiques centrales ou périphériques. Ils sont fréquemment sous-estimés, alors que leur retentissement est majoré par les troubles moteurs associés et qu’ils peuvent être à l’origine d’une morbidité propre ou du décès du patient.
La régulation neurologique centrale de la fonction vésicosphinctérienne est assurée par des structures présentes du cortex jusqu’au cône terminal. Elle implique à la fois le système nerveux
somatique et végétatif.
Les symptômes urinaires varient en fonction de la localisation de la ou des lésions au niveau du système nerveux central ou périphérique. Les causes neurologiques le plus fréquemment en cause sont les lésions encéphaliques par accident vasculaire cérébral, où les troubles vésico-sphinctériens, plus fréquents à la phase aiguë,sont évalués à environ 30 % après 1 an.1 On retrouve alors le plus souvent des symptômes de type urgenturie (désir soudain, impérieux d’uriner) et/ou pollakiurie, responsables parfois de fuites liées à un mauvais contrôle inhibiteur du réflexe mictionnel.
Les lésions médullaires post-traumatiques
Dans ce cadre nosologique associant incontinence urinaire par hyperactivité du détrusor et rétention par dyssynergie vésico-sphinctérienne, le risque de surmortalité ou de surmorbidité
est le plus élevé et impose tout au long de la vie du patient une prise en charge rapprochée.
Les atteinte de la queue de cheval
Les syndromes de la queue de cheval peuvent être responsables de dysurie ou de rétention urinaire chronique par hypo- ou acontractilité du détrusor et de fuites à l’effort par insuffisance sphinctérienne. Dans ces maladies, la contraction de la vessie ainsi que le contrôle volontaire et le tonus du sphincter strié ne peuvent plus être assurés par les nerfs périphériques somatiques et parasympathiques.
Évaluation du handicap urinaire d’origine neurologique
L’évaluation du handicap consiste en le recueil des symptômes urinaires lors de l’interrogatoire et des données du catalogue mictionnel rempli par le patient, souvent avec l’aide de son entourage, durant 48 à 72 heures. L’utilisation du catalogue mictionnel est indispensable pour évaluer la réalité des troubles urinaires, l’importance de la diurèse et sa répartition sur la journée ; c’est également un outil incomparable pour le suivi de l’efficacité des thérapeutiques.
Il est nécessaire aussi d’évaluer le patient non seulement sur le plan neurologique (déficit sensitivo-moteur, syndrome cérébelleux, troubles cognitifs…) mais aussi sur le plan fonctionnel
(capacités de déplacement, transferts, autonomie dans les activités de la vie quotidienne, possibilités de préhension des membres supérieurs…), afin d’adapter au mieux le mode mictionnel et
les traitements. Ceux-ci ont pour objectif à la fois de prévenir les complications à court et à long terme et de permettre le maximum d’autonomie et d’indépendance pour le patient.
